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c3v Maison citoyenne - JOIGNY - YONNE

C3V Maison citoyenne présente - Soirée projection / débat avec le film " LES JOURS HEUREUX" le jeudi 23 janvier 2014 à 19h45 avec le réalisateur Gilles PERRET..

1 Janvier 2014, 12:59pm

Publié par c3v maison citoyenne

Le C3V Maison citoyenne présente

Le 23 janvier 2014

salle Claude Debussy

Joigny

En présence de Gilles PERRET

Projection (Durée:1h37) / Débat

Les jours heureux, Gilles PERRET

Les jours heureux, Gilles PERRET

Sortie nationale Mercredi 6 novembre 2013

Entre mai 1943 et mars 1944, sur le territoire français encore occupé, seize hommes appartenant à tous les partis politiques, tous les syndicats et tous les mouvements de résistance vont changer durablement le visage de la France. Ils vont rédiger le programme du Conseil National de la Résistance intitulé magnifiquement : « Les jours heureux ».

Ce programme est encore au cœur du système social français puisqu’il a donné naissance à la sécurité sociale, aux retraites par répartition, aux comités d’entreprises, etc.

Ce film vise à retracer le parcours de ces lois, pour en réhabiliter l’origine qui a aujourd’hui sombré dans l’oubli. Raconter comment une utopie folle dans cette période sombre devint réalité à la Libération.

Raconter comment ce programme est démantelé depuis, questionner la réalité sociale d’aujourd’hui, et voir comment les valeurs universelles portées par ce programme pourraient irriguer le monde demain.

 

Bande annonce du film: 2mn30

Bande annonce, "Les jours heureux"

Films précédents de Gilles Perret

projetés par C3V Maison citoyenne

• Walter, retour en résistance, réalisé par Gilles Perret, par Arnaud Hallet
• De mémoires d’ouvriers, réalisé par Gilles Perret, par Antoine Oury

 

Un rendez-vous avec le regretté Stéphane HESSEL

qui les a vécu de l'intérieur...ces "jours heureux...

Stéphane HESSEL

Personnages principaux :
Raymond Aubrac : Résistant
Robert Chambeiron : secrétaire du CNR
Daniel Cordier : secrétaire de Jean Moulin
Jean-Louis Crémieux-Brilhac : Résistant
Stéphane Hessel : Résistant
Léon Landini : Résistant FTP MOI

 

Laurent Douzou : Historien
Nicolas Offenstadt : Historien

Christophe Ramaux : Économiste

François Bayrou
Jean-François Copé
Nicolas Dupont-Aignan
François Hollande
Jean-Luc Mélenchon

Avec la participation de :
Centre National du Cinéma et de l’Image Animée
Région Rhône-Alpes
France 3
TV8 Mont-Blanc

Les jours heureux, Stéphane HESSEL, Gilles PERRET
Les jours heureux, Stéphane HESSEL, Gilles PERRET

Les jours heureux, Stéphane HESSEL, Gilles PERRET

C3V Maison citoyenne présente - Soirée projection / débat avec le film " LES JOURS HEUREUX" le jeudi 23 janvier  2014 à 19h45 avec le réalisateur Gilles PERRET..

La facture des Jours heureux -titre emprunté au document original du programme du CNR- est, disons-le assez classique. Le film, construit sur une série d’entretiens, laisse parler ses intervenants, ne joue pas sur l’invasion d’un rythme effréné dans le champ narratif, prend le temps de peser son sujet. Mais ce relatif effacement du réalisateur, Gilles Perret, qui avait déjà filmé la mémoire orale en 2008 dans Walter, retour en Résistance et en 2011 dans De mémoires d’ouvriers, laisse le sentiment somme toute assez agréable de la mise en valeur de personnes, jamais considérées comme de simples objets ou étapes accrocheuses d’une mise en scène de l’histoire. Le pari de Gilles Perret, réussi en grande partie, n’est ni de faire revivre ni d’illustrer une chronologie plate : il consiste en l’évocation, au travers d’êtres souvent exceptionnels, de la tranche politique d’une période souvent cantonnée au militaire. La grande force du film est d’abord d’avoir réussi à réunir autant de voix différentes, de Jean-Louis Crémieux-Brilhac (représentant de la France Libre gaulliste) à Daniel Cordier (secrétaire de Jean Moulin) en passant par Raymond Aubrac (co-fondateur de Libération-sud) et Stéphane Hessel (membre des FFL). Cette polyphonie démontre à chaque instant la complexité des rapports de force entre mouvements de résistance et partis politiques, entre centralisme gaullien à Londres et volonté d’indépendance intérieure en métropole.

L’importance donnée à la parole, rafraîchissante, des anciens résistants ne donne pas seulement lieu à un retour narratif : elle crée un véritable réseau de mémoires qui s’accordent sur un certain nombre de points comme la nécessité d’un optimisme presque utopique, l’importance d’une stratégie de conquête politique et militaire, l’évitement de l’AMGOT américain. Mais le film souligne aussi les divergences marquées au sein du CNR, notamment entre communistes et socialistes, entre mouvements de Résistance et gaullistes -la décolonisation n’apparaîtra qu’en pointillés dans le programme final, largement inspiré par les idées de la SFIO. En outre, le film utilise avec parcimonie et délicatesse ses sources et ses analystes : la présence des historiens Laurent Douzou et Nicolas Offenstadt, discrète et précise, n’a pas pour seul objet la légitimation d’un discours ou d’une approche. Elle montre le mélange d’intégrité et d’émotion du scientifique face au document, l’impossible discordance de l’objectif et du subjectif que Gilles Perret fait d’ailleurs sienne. Son engagement est in fine à la croisée des chemins historiques et intérieurs : il met l’accent sur l’accomplissement des hommes (l’union nécessaire, l’effacement de l’individu devant la finalité collective) mais également sur leur expérience humaine de la Résistance (l’angoisse de l’arrestation, l’horreur de la torture et de l’emprisonnement). Au milieu des ténors -dont on ne niera pas le rayonnement, un ancien FTP surgit : Léon Landini, résistant lyonnais arrêté et torturé par Klaus Barbie, raconte sa guérilla et s’arrête, le temps d’une visite du fort Montluc, sur la cellule où il a survécu avant la libération de Lyon. Le film prend alors l’un de ses envols, en laissant simplement courir la respiration de celui qui se rappelle et s’accroche au souvenir de ceux qui n’ont pas vu l’application politique de la lutte.

 

Ariane Beauvillard


Les Jours heureux (2012, France). Durée : 1h37. Réalisation : Gilles Perret. Production : Fabrice Ferrari. Image : Jean-Christophe Hainaud. Montage : Stéphane Pierrot. Musique : Laurie Derouf. Mixage : Benoît Reyne. Avec la participation de Raymond Aubrac, Robert Chambeiron, Daniel Cordier, Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Stéphane Hessel, Léon Landini, Laurent Douzou, Nicolas Offenstadt... Sortie : le 6 novembre 2013.

Les Jours Heureux, ou la signification politique de la Résistance

La Résistance est trop souvent présentée aujourd’hui comme une consensuelle idylle apolitique boutant hors-de-France l’occupant allemand à coups d’actions héroïques, et c’est une des causes de la confusion qui règne dans les esprits. L’indispensable film de Gilles Perret, vu ce matin au Max-Linder, permet de surmonter cette amnésie historique : les résistants, avant d’être des combattants armés, ont d’abord été des militants politiques luttant à mort contre l’idéologie nazie et fasciste partout victorieuse en Europe.

Film "Les jours heureux"

Film "Les jours heureux"

Projection et débat à Rennes...un succès !

Le film sur le programme du Conseil national de la Résistance, les Jours heureux, remporte 
un vif succès à Rennes. Plus de 
2 700 spectateurs se sont pressés au cinéma. Des centaines ont ensuite participé à des débats passionnés 
pour envisager des perspectives d’actions.

Rennes (Ille-et-Vilaine), envoyée spéciale. Raz-de-marée autour du film les Jours heureux à Rennes. Depuis deux mois, plus de 2 700 personnes se sont pressées au cinéma associatif l’Arvor pour regarder le long-métrage de Gilles Perret sur le Conseil national de la Résistance. Un succès de bouche à oreille qui a failli ne pas avoir lieu. À sa sortie, le 6 novembre, le film n’était pas diffusé dans l’Ouest. Sous l’impulsion de la CGT, un collectif s’est créé, avec la FSU, Solidaires, Attac, l’association Action et culture entreprise (ACE), puis l’Unef, pour exiger la projection de cette œuvre d’utilité publique. « L’Arvor n’était pas chaud, raconte François Astolfi, tout juste retraité de la CGT des affaires sociales et animateur des débats, mais il a finalement accepté. Au début, ça a démarré doucement, puis nous avons dû refuser du monde ! » Des militants, des citoyens concernés, mais aussi des petits patrons, des agriculteurs et le maire de Rennes sont venus jeter un œil. En cette période tourmentée par la crise et plombée par l’inefficacité gouvernementale, le film fait l’effet d’une bouffée d’oxygène. En 1944, les résistants n’avaient pas peur d’être utopistes. Leurs idées ambitieuses, transcrites dans le bien nommé programme du CNR, les Jours heureux, ont bâti notre système social actuel : la sécurité sociale, les retraites par répartition, la liberté de la presse, la nationalisation des banques, de l’électricité… Un rappel historique qui donne envie au spectateur de retrousser ses manches.

À l’issue de la projection du film, des centaines d’entre eux se sont déjà retrouvés à l’étage du cinéma pour débattre et trouver des perspectives d’action. Annie s’assied avec son sac de courses. Elle regarde sa montre : « J’habite à 20 km de Rennes, je dois prendre le bus, je suis venue parce que j’en ai marre de la pensée unique. » Du film, elle retient le contraste saisissant entre la volonté de fer des résistants, Raymond Aubrac, Léon Landini, Stéphane Hessel… Et la passivité de nombreux hommes politiques actuels. À l’image du président de la République, qui affirme « être au pouvoir pour pouvoir », phrase qui a déclenché l’hilarité dans la salle. Ou d’un François Bayrou agressif, pensant que défendre les valeurs du CNR, « c’est aller droit dans le mur ». Un spectateur ulcéré, réagit : « Les politiques sont assis sur une sorte de trône, ça me fait penser au livre, la Violence des riches des Pinçon-Charlot. Le pouvoir est muselé par le CAC 40, et nous, le peuple, n’avons plus la possibilité de nous exprimer. » Au fond de la salle, Astrid et Margot, seize ans, écoutent religieusement les interventions. Alertée par un ami, la mère de Margot a pris sa fille sous le bras. « C’est vachement intéressant, constate timidement cette élève en première L à Tinténiac, petite ville à quelques encablures de Rennes. J’aimerais en discuter avec mes potes, mais je ne suis pas sûre que ça les intéresse. Il n’y a pas assez de débats à l’école. » Aucune des deux lycéennes ne connaissait le programme du CNR.

Pour Jean-Pierre, 60 ans, retraité du service public, les Jours heureux ont « une résonance particulièrement cruelle avec notre société. Les forces capitalistes ont gagné, elles ont réussi à tout marchandiser. Notre service public est en train d’être cassé. Nous n’avons plus de prise sur les choses, on a l’impression de n’être bon qu’à payer les factures. » Jean-Pierre perçoit le film comme l’allumette pour allumer la mèche. « Parfois, les gens se raccrochent à quelque chose pour agir, c’est ce qui se passe ici », se réjouit-il. Brigitte, sa femme, ajoute : « Ça nous fait du bien de voir qu’on n’est pas tout seul. » L’alchimie a pris avec le public. Depuis mi-novembre de multiples sujets ont agité les spectateurs : Comment mettre en place une régie publique de l’eau ? Que faire pour lutter contre la finance ?… Loin des « bonnets rouges », l’enthousiasme inédit à Rennes autour du film traduit la soif de changement des Bretons. Et une volonté de se faire entendre à l’approche des élections. Gilles Perret, réalisateur du film, n’en revient pas. « Ils ont fait du film un outil de réflexion pour demain ! »

Une fois les débats terminés, l’aventure humaine continue. Des centaines de personnes ont laissé leurs coordonnées, soucieux de ne pas relaisser retomber l’élan. François Astolfi est ravi : « Les gens ont trouvé un lieu pour s’exprimer  ! Certains ont proposé de créer une radio pour diffuser ces idées ou de les faire passer via les réseaux d’éducation populaire. Ce qui se passe me rappelle les cahiers de doléances de la Révolution, il faut continuer ! Beaucoup de personnes n’ont pas encore vu le film, il n’a pas encore atteint les habitants du Blosne » (quartier populaire de Rennes). Intéressées, les unions locale et départementale CGT vont consacrer une journée spéciale autour du long-métrage. En 1944, le CNR mettait la solidarité au cœur de son programme. En 2014, les citoyens veulent continuer à imaginer ensemble une autre société. « Si les Jours heureux nous permettaient d’élaborer une nouvelle charte du CNR, ça serait super ! poursuit François Astolfi, nous pourrions le présenter au prochain rassemblement sur le plateau des Glières. Le mouvement doit prendre une ampleur nationale pour un autre cadre économique et social, et contre le capitalisme. Le film, ce n’est que l’écume, la vague, c’est nous. » Prochaine houle d’indignation ce mercredi à 18 heures à l’Arvor.

 

 

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