Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
c3v Maison citoyenne - JOIGNY - YONNE

C3V Maison citoyenne présente: Un Film-débat sur l’héritage de la colonisation - Jeudi 10 avril, à 19 h 45, salle Debussy - Avec le réalisateur Michel Le Thomas pour le débat

1 Avril 2014, 17:12pm

Publié par c3v maison citoyenne

C3V Maison citoyenne présente: Un Film-débat sur l’héritage de la colonisation - Jeudi 10 avril, à 19 h 45, salle Debussy - Avec le réalisateur Michel Le Thomas pour le débat

Film-débat sur l’héritage de la colonisation

 

Afrique 50

 

Avec le réalisateur Michel Le Thomas

Production audiovisuelle "Les Films de l'An 2"

Documentaires sur la vie politique et sociale en France et à l'étranger (dans le droit fil du cinéma d'intervention sociale tel que l'a défini René Vautier),

 

Jeudi 10 avril, 

 

à 19 h 45, salle Debussy

Film-débat sur l’héritage de la

colonisation

Afrique 50

Organisée par C3V-Maison citoyenne

 

 

Film de René VAUTIER

 

 

"Votre nom : Vautier !

Votre vie : la liberté !


Votre cinéma : engagé !


Votre parole : enragée !"

- See more at: http://www.avoir20ansdanslesaures.net/wp/?page_id=7#sthash.ZOakyAku.dpuf

"Votre nom : Vautier !

Votre vie : la liberté !


Votre cinéma : engagé !


Votre parole : enragée !" - See more at: http://www.avoir20ansdanslesaures.net/wp/?page_id=7#sthash.ZOakyAku.dpuf
"Votre nom : Vautier !

Votre vie : la liberté !


Votre cinéma : engagé !


Votre parole : enragée !" - See more at: http://www.avoir20ansdanslesaures.net/wp/?page_id=7#sthash.ZOakyAku.dpuf
"Votre nom : Vautier !

Votre vie : la liberté !


Votre cinéma : engagé !


Votre parole : enragée !" - See more at: http://www.avoir20ansdanslesaures.net/wp/?page_id=7#sthash.ZOakyAku.dpuf
"Votre nom : Vautier !

Votre vie : la liberté !


Votre cinéma : engagé !


Votre parole : enragée !" - See more at: http://www.avoir20ansdanslesaures.net/wp/?page_id=7#sthash.ZOakyAku.dpuf

« Ici, le chef de village, Sikali Wattara, a été enfumé et abattu d’une balle dans la nuque, une balle française… Ici, une enfant de sept mois a été tuée, une balle française lui a fait sauter le crâne… Ici, du sang sur le mur, une femme enceinte est venue mourir, deux balles françaises dans le ventre… Sur cette terre d’Afrique, quatre cadavres, trois hommes et une femme assassinés en notre nom à nous, gens de France ! »

Ainsi parlait René Vautier sur ses premières images de cinéaste, images tournées clandestinement en 1949 à travers l’Afrique coloniale et sauvées in extremis de la censure.

Celui qui réalisera plus tard Avoir 20 ans dans les Aurès signait alors son premier film, le pamphlet époustouflant d’un jeune homme décoré de la croix de guerre pour avoir résisté aux occupants nazis à 16 ans et qui voulait témoigner de ce qu’il voyait en Afrique et qui le révoltait. Ce film, censuré pendant des années, est un monument de notre patrimoine cinématographique. En 1990, il est réhabilité par le ministère des Affaires étrangères qui le diffuse dans les ambassades en Afrique pour prouver qu’il existait bien un sentiment anticolonialiste français au début des années 50...

 

Ce récit trépidant et plein d’humour, accompagné de textes d’historiens et d’illustrations de l’époque, nous amène à réfléchir sur l’héritage et la colonisation et le rôle fondamental du cinéma.

 

Président du Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde de Belgique (CADTM) et membre du Conseil scientifique d’Attac Belgique

 "Afrique 50" : vingt minutes de réquisitoire contre le colonialisme français. - DR

 

Dans les manifs, les CRS le confondaient parfois avec Léo Ferré. Pourtant, hormis l'évidente ressemblance capillaire (une splendide crinière immaculée), le cinéaste breton René Vautier ne partage pas les tendances anarchisantes du chanteur monégasque. Sa couleur à lui, ce serait plutôt le rouge, comme en témoigne l'indéfectible chemise de coton vermillon qu'il arborait à la projection de son film Afrique 50. Ce violent réquisitoire contre le colonialisme français en Afrique noire, censuré pendant quarante ans et toujours privé de visa d'exploitation, est diffusé pour la première fois à la télévision. Grâce soit rendue à Cinécinéma Classic, qui en profite pour programmer dans la même soirée le bouleversant brûlot que René Vautier réalisa en 1972 sur la guerre d'Algérie, Avoir 20 ans dans les Aurès, ainsi qu'un documentaire de Richard Hamon, Le Petit Blanc à la caméra rouge, consacré à Afrique 50. Retour, en compagnie de son jeune auteur de 80 ans, sur la genèse de ce film mythique d'à peine vingt minutes.


 Avoir 20 ans dans les Aurès (extrait 5mn47)


La résistance continue
« Quand je suis sorti du maquis, à la Libération, j'avais 16 ans et je ne voulais plus toucher à une arme. Mes copains résistants m'ont suggéré de m'inscrire à l'Idhec [l'Institut des hautes études cinématographiques, la future Femis] pour continuer le combat avec une caméra. Après avoir couvert les grandes grèves de 1947-1948 dans les mines du Nord, la Ligue française de l'enseignement m'a envoyé dans les colonies pour filmer la vie des paysans en Afrique occidentale. Le tournage a duré six mois, entre 1949 et 1950. »
 
Décret Pierre Laval
« En arrivant au Soudan français (Mali), j'ai pu constater à quel point les Africains se faisaient exploiter par les colons et j'ai décidé de tout montrer. A Bamako, on m'a interdit de tourner parce que je n'avais pas respecté le décret d'autorisation spéciale du gouverneur Pierre Laval. J'ai répondu qu'on m'avait collé la croix de guerre pour avoir bravé d'autres décrets signés Pierre Laval... Et j'ai continué à filmer avec ma caméra 16 millimètres, dans la clandestinité, cinquante bobines de trois minutes. »
 
Bobines censurées
« De retour en France, j'ai déposé les négatifs à la Ligue de l'enseignement. Ils ont été aussitôt saisis par la police, qui m'a fait visionner chaque bobine et signer sur chacune des boîtes de pellicule pour prouver que j'en étais l'auteur. J'ai profité de l'obscurité de la salle pour subti­liser dix-sept bobines en signant sur des boîtes vides. J'ai monté le film dans l'école maternelle de ma mère, à Argenteuil, à partir de ce matériau. »
 
Commentaire enragé
« J'avais réservé un auditorium pendant deux heures pour enregistrer le commentaire. Mais l'acteur qui devait le lire a été intimidé par la police et ne s'est jamais présenté. Du coup, j'ai improvisé moi-même, en direct, en maudissant le pleutre. La colère qu'on perçoit dans ma voix lui était destinée ! »

René Vautier

Biographie

René Vautier est né le 15 janvier 1928 à Camaret (Finistère) d’un père ouvrier d’usine et d’une mère institutrice. A 15 ans, il entre dans la Résistance via les Éclaireurs de France de Quimper, clan scout qui est décoré de la Croix de guerre pour son action pendant le conflit. Après la Libération, Vautier se jure de ne plus toucher une arme : il continuera à combattre pour ses idéaux, mais avec une caméra. Il entre à l'IDHEC dont il sort diplômé en 1948. Son film de fin d'études, La Grande bataille des mineurs, un témoignage sur les grandes grèves de 47 et 48 qui ont secoué le Nord, détermine ce qui sera tout au long de sa carrière son credo : « Mettre l'image et le son à disposition de celles et ceux à qui les pouvoirs les refusent. »

Son combat le plus célèbre reste celui de l'anticolonialisme et de la lutte pour l'indépendance des pays occupés. Tout commence lorsque, après avoir obtenu son diplôme, La Ligue française de l'enseignement l'envoie dans les colonies d'Afrique noire pour tourner un film à destination des élèves et montrant « comment vivent les villageois d’Afrique occidentale française. » Il découvre sur le terrain la façon dont la France saigne ses colonies, les brimades et la peur qui sont le quotidien des populations noires, les exactions meurtrières commises contre les rebelles à l'autorité française... Il filme pendant six mois, entre 1949 et 1950, la vie des paysans du Soudan français (actuel Mali). Lorsqu'on lui signifie qu'il enfreint un décret du gouvernement de Pierre Laval daté de 1934 et qui régit les prises de vues cinématographiques dans les colonies françaises d'Afrique, il décide de poursuivre son tournage dans la clandestinité. C'est ainsi qu'il réalise à vingt-et-un an et à partir du quart seulement des images filmées (ce qu'il parvient à sauver de la confiscation par la police) ce qui deviendra l'un des grands films du cinéma militant, Afrique 50, poème cinématographique et formidable plaidoyer anticolonialiste qui sera interdit pendant quarante ans (il sera diffusé à la télévision française pour la première fois en février 2008) et qui lui vaut treize inculpations et un an de prison pour avoir « procédé à des prises de vues sans l’autorisation du gouverneur de la Haute-Volta. » En 1954, Une nation, l'Algérie lui vaut d'être poursuivi pour atteinte à la sécurité intérieure de l'État. Basculant dans la clandestinité, il se rend en Tunisie (où il tourne le court métrage Les Anneaux d'or, premier film de Claudia Cardinale et Ours d'argent à Berlin) puis en Algérie où il suit les troupes de l'ALN dans les Aurès et réalise L'Algérie en flamme (1958).

Après l'indépendance, il dirige de 1962 à 1965 le Centre Audiovisuel d'Alger et coordonne le film Un peuple en marche (1963) qui fait le bilan de la Guerre d'Algérie et raconte comment le pays se reconstruit depuis son indépendance. De retour en France, il fonde en 1970 l'Unité de Production Cinématographique Bretagne (UPCB). Toujours profondément marqué par son expérience algérienne, il réalise en 1972 son plus célèbre film, Avoir 20 ans dans les Aurès, qui est récompensé par le Grand Prix de la Critique au Festival de Cannes. Il essaye de sortir avec l'UPCB Octobre à Paris, mais devant le refus de la Commission de censure de délivrer un visa au film, il entame une grève de la faim pour exiger « la suppression de la possibilité pour la Commission de censure cinématographique de censurer des films sans fournir de raisons ; et l’interdiction, pour cette commission, de demander coupes ou refus de visa pour des critères politiques. » Soutenu par d'autres cinéastes comme Alain Resnais ou Claude Sautet, il obtient raison au bout de trente jours de grève de la faim. La loi est révisée en 1974 et dorénavant la Commission de censure devra justifier ses interdictions et ne pourra plus intervenir qu'au niveau de la pornographie et de la violence.

La décolonisation n'est pas le seul combat du citoyen cinéaste René Vautier. Il s'attaque au capitalisme, décrit la condition ouvrière et la lutte syndicale (Un homme est mort en 1950, Classe de lutte avec les Groupes Medvedkine en 1969, Quand tu disais Valéry en 1975), raconte le racisme ordinaire (Les Trois cousins en 1970, Les Ajoncs en 1971, Vous avez dit : français ? en 1986), pose sa caméra en Afrique du Sud pour filmer l'apartheid (Le Glas en 1965, Frontline en 1976), dénonce les injustices faites aux femmes... Que ce soit l'écologie (Marée noire, colère rouge en 1978), le nucléaire (Mission pacifique en 1988 et Hirochirac en 1995 sur les essais nucléaires français dans le Pacifique), la montée de l'extrême droite en France (À propos de… l'autre détail et Chateaubriand, mémoire vivante en 1985) : René Vautier est à chaque fois là, caméra au poing. Il n'a jamais baissé les armes malgré la censure, les procès, les emprisonnements, toujours à l'avant-poste, souvent à l'avant-garde, toujours combattant.

Inteview de René VAUTIER en 2000 (durée 59mn18)

René Vautier

C3V Maison citoyenne présente: Un Film-débat sur l’héritage de la colonisation - Jeudi 10 avril, à 19 h 45, salle Debussy - Avec le réalisateur Michel Le Thomas pour le débat

Commenter cet article