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c3v Maison citoyenne - JOIGNY - YONNE

CONSOMMATION D'ENERGIE MONDIALE EN BREF - C'EST MAL PARTI ! Un monde toujours plus énergivore

24 Juin 2014, 10:59am

Publié par c3v maison citoyenne

2013 : Un monde toujours plus énergivore

Répartition des énergies en 2013

 

Comme tous les ans, la Compagnie pétrolière BP a publié son rapport détaillé sur la production et la consommation d’énergie dans le monde pour l’année qui vient de s’écouler. Sans grande surprise on relève une augmentation de la consommation de chacune des trois principales énergies fossiles que sont le charbon, le pétrole et le gaz. Ainsi, au niveau mondial, la consommation de pétrole a progressé de +1,4 % en 2013 et a franchi le seuil symbolique de 90 millions de barils (1) par jour pour atteindre 91,331 millions de barils par jour, soit 4 185 millions de tonnes pour l’ensemble de l’année. Le gaz naturel a vu sa consommation augmenter dans la même proportion, avec 3 020 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep), soit +1,4 % par rapport à 2012. Le charbon, l’énergie fossile la plus émettrice de dioxyde de carbone (CO2), quant à lui a connu une nouvelle forte progression, soit +3 % correspondant à 3 826 Mtep.

 Hors hydroélectricité, les énergies renouvelables progressent et passent de 240,8 Mtep à 279,3 Mtep. Mais, cette progression de +38,5 Mtep est encore très loin de concurrencer la progression de la consommation des trois énergies fossiles qui, ensemble, ont représenté +183,3 Mtep sur l’année 2013. De ce fait, les émissions de CO2 liées au secteur énergétique se portent toujours aussi bien avec 35 095 millions de tonnes de CO2 émis en 2013, soit +2,1% par rapport à 2012.

 L’énergie nucléaire reprend un peu de souffle avec 563,2 Mtep soit +0,9 % en un an, mais encore très loin de de la consommation de l’année 2010 (626,2 Mtep) avant la catastrophe de Fukushima en 2011 au japon. L’énergie hydraulique maintient son rythme d’évolution avec une progression de +2,9 % à 855,9 Mtep.

 Au niveau des consommations par pays, les États-Unis et la Chine restent de très loin les deux plus gros consommateurs de la planète et voient, tous les deux, leur consommation progresser. La Chine est toujours la « super star » du charbon avec, à elle seule, 50,3 % de la consommation mondiale et une hausse de +4% de sa propre consommation, les États-Unis en deuxième position sont désormais loin derrière avec près de 12 % de la consommation mondiale. Par contre, les États-Unis dominent toujours la consommation de pétrole et représentent le cinquième de la consommation mondiale (19,9 %), ils commencent quand même à être talonné par la Chine (12,1 %).

 1 – Un baril de pétrole est équivalent à 159 litres de pétrole.

CONSOMMATION D'ENERGIE MONDIALE EN BREF - C'EST MAL PARTI ! Un monde toujours plus énergivore
CONSOMMATION D'ENERGIE MONDIALE EN BREF - C'EST MAL PARTI ! Un monde toujours plus énergivore

Selon l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), sans intégrer les pétroles non-conventionnels, 2013 a été une nouvelle année de baisse de la production pétrolière, avec un repli de 1,53 % par rapport à 2012.

Cette diminution de l’extraction d’or noir classique, donc hors pétrole de schiste, sables bitumineux et autres carburants d’origine végétale, est continue depuis 2008, l’Agence Internationale de l’Energie fixant de facto le pic de production pétrolier à cette même période.

Dans un contexte mondial de hausse régulière de la demande, la baisse de production est jusqu’à présent masquée par l’exploitation des pétroles non-conventionnels provenant pour l’essentiel des Etats-Unis (pétrole de schiste) et du Canada (sables bitumineux). Ainsi, au final, aujourd’hui lorsque l’on produit 5 barils de pétrole, 4 sont conventionnels et 1 composé d’huile de schiste, de sables bitumineux et d’agrocarburants.

Cette situation est-elle durable ? Pour les pétroliers la réponse est clairement oui. En effet, rien que pour les sables bitumineux, le potentiel pétrolier est estimé à quelque 2500 milliards de barils, soit une quantité suffisante pour couvrir la demande durant environ 250 ans au rythme de consommation actuel ou 80 ans en comptant sur cette seule ressource, avec le CO2 correspondant évidemment … Pour le pétrole de schiste, ou pétrole de roche mère, la réponse est plus compliquée et empreint d’incertitudes. La faible durée d’exploitation d’un puits est incontestable et le potentiel réel reste sujet à débat. Si, encore une fois, pour les pétroliers le volume de production ne soulève officiellement pas d’inquiétude avec un âge d’or qui ne fait que commencer, pour l’administration Obama le pic de production du pétrole de schiste a de grandes chances d’être atteint dans les 2 ans.

Cette frénésie et course à la découverte de nouveaux gisements variés ne sont pas sans impact sur les coûts de production. Ainsi, pour les seuls frais de recherche, sur le pétrole et le gaz, l’addition a quasiment doublé en l’espace de 10 ans passant de 380 milliards de dollars à environ 700 milliards en 2013. A ce rythme, il est possible que l’industrie pétrolière soit rattrapée par la réalité avec des coûts trop importants, accélérant une transition énergétique salutaire.

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