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c3v Maison citoyenne - JOIGNY - YONNE

PESTICIDE EN DESAMOUR...

17 Janvier 2013, 11:14am

Publié par Collectif d'action des 3 vallées

miel&abeille

  Les tests d'évaluation de la nocivité des pesticides ont été utilisés pendant

plus de vingt ans, malgré leurs déficiences. | Claudius Thiriet/GAMMA

La faillite de l'évaluation des pesticides

sur les abeilles

Le coupable est-il plutôt l'incompétence ou l'accumulation de conflits d'intérêts ? Impossible de trancher. Mais la question est désormais posée : comment des tests d'évaluation des risques pour l'abeille, notoirement déficients, ont-ils pu être utilisés pendant près de vingt ans pour homologuer les dernières générations d'insecticides ? Après avoir été autorisés depuis le début des années 1990, tous (Gaucho, Régent...) ont été au centre d'intenses polémiques avant d'être retirés, au moins partiellement, du marché... Le dernier en date, le Cruiser, vient d'être interdit par la France sur le colza, une décision attaquée par son fabricant, Syngenta.


Cette défaillance est d'autant plus troublante que certains de ces tests d'évaluation ont été remis à jour en 2010, c'est-à-dire tout récemment. Leur mise en cause ne vient pas d'un rapport de Greenpeace ou des Amis de la Terre, mais d'un avis de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Jamais, sans doute, celle-ci n'aura endossé un document aussi embarrassant. Paru fin mai, ce texte technique de 275 pages est d'ailleurs passé à peu près totalement inaperçu...

DES "FAIBLESSES MAJEURES"


 Pourquoi un tel rapport ? Saisie par la Commission européenne, l'EFSA a mandaté un groupe d'une quinzaine de scientifiques (en partie extérieurs à l'agence) pour expertiser les procédures standard, par lesquelles sont évalués les risques des pesticides sur les abeilles. Conclusion : ces protocoles ont été conçus pour évaluer les effets indésirables des pesticides pulvérisés et sont inadaptés aux insecticides dits "systémiques" – utilisés en enrobage de semences ou en traitement des sols –, qui imprègnent l'ensemble de la plante au cours de son développement.


De manière générale, explique le rapport, "les expositions prolongées et intermittentes ne sont pas évaluées en laboratoire", pas plus que "l'exposition par inhalation et l'exposition des larves". Les calculs d'exposition des insectes sont systématiquement biaisés : ils ne tiennent pas compte de l'eau exsudée par les plantes traitées, avec laquelle les insectes sont en contact. Ils ne considèrent pas non plus les poussières produites par les semences enrobées au cours de la période des semis...


"De même, ajoute le rapport, les effets des doses sublétales ne sont pas pleinement pris en compte par les tests standard conventionnels." Ces faibles doses ne tuent pas directement les abeilles, mais peuvent par exemple altérer leur capacité à retrouver le chemin de leur ruche, comme l'a récemment montré une étude conduite par Mickaël Henry (INRA) et publiée le 30 mars dans la revue Science.


Les tests standard réalisés en champ sont eux aussi critiqués. Colonies trop petites, durée d'exposition trop courte... Des effets délétères, mêmes détectés, s'avèrent souvent non significatifs en raison du trop faible nombre d'abeilles utilisées.

P10602081.JPG


Ce n'est pas tout. Des "faiblesses majeures" sont pointées par les rapporteurs, comme la taille des champs traités aux insecticides testés. Les ruches enrôlées sont en effet placées devant une surface test de 2 500 m2 à un hectare en fonction de la plante. Or, explique le rapport, ces superficies ne représentent que 0,01 % à 0,05 % de la surface visitée par une butineuse autour de sa ruche... Dès lors, l'exposition au produit est potentiellement plusieurs milliers de fois inférieure à la réalité, notamment dans le cas où les abeilles seraient situées dans des zones de monoculture intensive recourant à ce même produit.


En outre, poursuit le rapport, les abeilles devraient être testées pour déterminer si de faibles doses du produit ont déclenché des maladies dues à des virus ou des parasites... De récents travaux, conduits par Cyril Vidau (INRA) et publiés en juin 2011 dans la revue PLoS One, ont en effet montré des synergies entre le fipronil (Régent), le thiaclopride (un néo-nicotinoïde) et la nosémose, une maladie commune de l'abeille...


Ces manquements sont, selon l'expression d'un apidologue français qui a requis l'anonymat, chercheur dans un organisme public, "un secret de polichinelle". De longue date en effet, le renforcement de ces "lignes directrices" et autres protocoles standardisés est demandé par des apiculteurs et les associations de défense de l'environnement. En vain. Et ce, malgré un nombre toujours plus grand d'études publiées dans les revues scientifiques depuis le milieu des années 2000, qui mettent en évidence leurs lacunes

 

 

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Nitrates

Les zones vulnérables pourraient être étendues


La Commission européenne a demandé à la France de légitimer le non-classement en zone vulnérable de dix secteurs (voir la carte). Pour cela, l'Europe se serait basée sur d'« anciennes » données démontrant que la teneur en nitrates était soit au-dessus de la norme de 50 mg/l ou s'en rapprochait (40 et 50 mg/l), avec une tendance à la hausse.

France-pesticide.png

Il a donc été demandé aux départements concernés d'informer sur la pression agricole (en termes de fertilisation), sur la qualité des eaux superficielles et souterraines, mais aussi sur les programmes en cours. Les argumentaires devaient être remontés aux DDT et DREAL (direction de l'environnement) au plus tard, courant février.

 

Pour l'instant, la date butoir n'est pas connue mais les décisions devraient être prises rapidement.

 

Les agriculteurs qui pourraient être concernés devront suivre les arrêtés départementaux relatifs au quatrième programme d'action. Il sera alors nécessaire d'établir un plan prévisionnel de fumure, de tenir à jour un cahier d'enregistrement des pratiques d'épandage, de ne pas dépasser le plafond annuel de 170 kg d'azote par hectare pour les effluents d'élevage et de respecter les périodes d'épandage. La couverture des sols en hiver est une autre règle à suivre.

 

Dans le Maine-et-Loire, un des départements concernés par cette possible extension de zone vulnérable, ces mesures posent des questions puisque les cultures spécialisées (maraîchage, horticulture, semences...) pourraient difficilement s'intégrer dans le programme d'action. Ainsi, si ce type d'exploitations était effectivement concerné, de nouvelles adaptations seraient nécessaires.

 

 

 

Procédure anticipée

« Il s'agit d'une procédure inhabituelle », observe Sophie Agasse, de l'APCA (chambres d'agriculture). La Commission européenne n'a pas souhaité attendre la fin de la cinquième campagne de surveillance, qui doit avoir lieu en septembre 2011, pour revoir le classement de ces dix zones.

 

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