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c3v Maison citoyenne - JOIGNY - YONNE

Que se passe-t-il à la centrale nucléaire de Paluel ? (selon le Journal International de Medecine)

25 Juin 2011, 07:39am

Publié par C3V

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Que se passe-t-il à la centrale nucléaire de Paluel ?

Publié le 23/06/2011 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

 

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Caen, le jeudi 23 juin 2011 – Avec, l’usine de retraitement de la Hague (Areva), huit réacteurs en activité et un neuvième en construction à Flamanville (l’EPR), la Normandie est très fortement concernée par la question de la sûreté nucléaire. Les contrôleurs de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) n’ont d’ailleurs pas chômé dans la région en 2010 : réalisant notamment dans les centrales nucléaires de Flamanville, Penly et Paluel 76 inspections.

Pour cette dernière (qui produit à elle seule 7 % de l’électricité nationale !) le bilan présenté il y a quelques jours témoignait de difficultés sans pour autant se révéler alarmant. « L’ASN estime que la centrale de Paluel a maintenu ses progrès dans les domaines de la qualité des interventions de maintenance et de la requalification des matériels. Toutefois, la situation s’est détériorée pour ce qui concerne la rigueur de la conduite de l’installation malgré les progrès constatés en 2009. La direction du site doit entreprendre de nouvelles actions afin d’améliorer de manière pérenne les résultats du site en matière de sûreté. L’ASN a constaté que les investissements importants réalisés sur les installations continuent à se traduire par un impact positif sur la protection de l’environnement, la radioprotection et la sûreté ». Bref, peut mieux faire, mais sur la bonne voie.

Fuites d’iode radioactif depuis plusieurs mois

Une tendance officielle à l’amélioration qui masque l’existence de vives tensions entre la direction et certains salariés liés à plusieurs dysfonctionnements dont la gravité peine à être évaluée. Du côté des syndicats, l’heure serait grave, comme en a témoigné un communiqué de la CGT diffusé la semaine dernière et révélé hier par le site Mediapart évoquant « une fuite d’iode radioactif (…) dans l’une des tranches de la centrale » depuis « plusieurs mois ». Dénonçant au passage la pression qui s’exercerait sur les salariés de l’installation auxquels on aurait fait valoir qu’une interruption mettrait en danger l’approvisionnement en électricité de « toute la Bretagne », la CGT conteste fortement la décision d’EDF de ne pas « arrêter la tranche incriminée ».

Des écarts minimes pas inquiétants

Hier, un porte-parole d’EDF démentait l’existence de « fuites » mais confirmait « une légère inétanchéité (sic) sur l’un des ensembles combustibles du réacteur 3 ». Allant un peu plus loin, l’entreprise exploitant le site de Paluel admettait même « une accumulation d’écarts minimes », avec des rejets s’élevant à 30 gigabecquerels par tonne d’eau soit « 30 % de la valeur qui nous conduirait à arrêter le réacteur » précise cité par les Echos, Philippe Sasseigne, directeur adjoint de la production nucléaire. De son côté, le directeur de la sûreté des réacteurs à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, Martial Jorel confirme : « Il n’y a rien qui nous inquiète dans tout cela ».

Intoxications au xénon

De fait, les représentants des salariés assurent eux-mêmes qu’aucun des différents «  incidents » rapportés par le site Mediapart survenus ces derniers mois n’a donné lieu à des rejets radioactifs supérieurs à la norme. Cependant, l’inquiétude des techniciens est palpable. Mediapart évoque ainsi comment des salariés auraient « forcé des coffrets contenant des pastilles d’iode ». Un élément qui montre que des doutes existent quant à la protection apportée aux techniciens. Un autre « incident » conforte cette appréciation. Lors de « l’arrêt à chaud » intervenu pendant le week-end de la Pentecôte, un ouvrier indique ne pas avoir porté la cagoule et la bouteille d’oxygène pour effectuer les opérations nécessaires. Des déclarations qui supposent que ces équipements aient été indispensables (d’autant que des intoxications légères au xénon ont été rapportées). Pourtant, la responsable de la communication de la centrale de Paluel assure à Mediapart : « Ils n’ont pas porté leur appareil respiratoire car ils n’en avaient pas besoin ». Claire Delebarre précise par ailleurs que les intoxications évoquées ne sont « pas des contaminations internes car le xénon ne se fixe pas dans l’organisme ».

Les leçons de Fukushima

Comment, dès lors, expliquer ces différences entre les messages de la direction et le « ressenti » des salariés ? L’impact de Fukushima est évident. On peut le lire dans le titre même du communiqué de la CGT qui interroge sans ambages : « Centrale de Paluel : EDF sur les traces de Tepco ? ». Une formule qui montre que la catastrophe nucléaire japonaise a sans doute échauffé les esprits. Cependant, au-delà du caractère parfois irraisonné de ces réactions émotionnelles, le cas japonais appelle également à un regain de prudence. « Il faut resserrer les boulons. Même à un million par jour, cela coûte parfois moins cher d'arrêter un réacteur que de l'exploiter en courant un risque », estime ainsi Yves Adelin de la CGT cité par les Echos. D’autant que la révélation de ces « incidents » même mineurs pourraient alerter fortement une opinion publique déjà durablement affectée par la catastrophe japonaise. Ils mettent en effet à jour le fait que contrairement à ce que pourraient laisser supposer les discours officiels si rassurants tout n’est pas parfait dans le meilleur des mondes possibles et donc dans les centrales de l’hexagone.

Un enseignement à méditer à l’heure où se pose la question du prolongement de l’activité des installations les plus anciennes.

 

 

Aurélie Haroche

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